Winton, entre dinos et opales et bien sûr Waltzing Matilda

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Nous arrivons à Winton après plus de 4h de route. La route est vraiment très pittoresque, comme ils disent ici. Le paysage s’étend à l’infini, plat et jaune, le ciel bleu et quelques petits nuages blancs en guise de décoration. Pas une colline, les herbes sèches jaunes. On est dans le désert. C’est vraiment impressionnant mais aussi hypnotisant. On aperçoit encore des émeus sur la route. Ce n’est donc pas une légende, il y en a bel et bien des sauvages dans l’outback. Ils ont l’air perdu… les clôtures en bordure de route ne doivent pas y être pour rien. On voit aussi des oiseaux étranges. Ils sont petits et vert électrique, volent par dizaine dans un ordre précis en changeant de direction soudainement. C’est à la fois bizarre et beau à voir mais trop difficile à photographier et trop petit à filmer.

opaltondriveWinton est une ville un peu plus grande qu’Hughenden. Attention, il y a trois pubs ici, ce qui en fait une grande ville d’après les habitants d’Hughenden. Ça ne rigole pas. Ici aussi, les poubelles publiques sont en forme de patte de dinosaure. La ville est connue pour les traces fossilisées d’une ruée de dinosaures, les opales et pour être la ville d’origine de la célèbre chanson « Waltzing Matilda ». Quand on dit célèbre, c’est plutôt pour les Australiens. Bien entendu, ce sont les deux premiers qui nous intéressent vu qu’on a jamais entendu parlé de Waltizng Matilda. Il y a même un musée qui lui est dédié à lui tout seul. Mais d’abord recherche de boulot. Même s’il y a trois pubs, on fait vite le tour de la ville. A chaque fois, c’est le même scénario, soit il n’y a pas de boulot, soit on vient d’embaucher. On trouve du boulot à la station service et ils étaient super intéressés mais il faut rester minimum six mois et notre visa expire dans quatre mois. Bien dommage, car ça nous aurait bien plus de nous poser ici. Il y a plein de choses à voir et à faire dans le coin, soit dans un rayon de 300 km mais à l’échelle de l’Australie, c’est juste à côté, rappelons-le. Comme on n’habitera pas ici, on en profite pour découvrir quelques curiosités.

Le visitor centre de Winton grouille d’infos utiles et nous fournis de bons conseils. Cependant, bien que notre accent français soit bien identifiable, personne ne semble s’inquiéter de savoir si on sait qui est « Waltzing Matilda ». Les gens sont très fiers d’être de la ville ayant inspiré la chanson et d’y avoir consacré un musée. Mais ça ne nous parle pas du tout et à 22$ l’entrée du musée pour un truc qu’on ne sait pas ce que c’est, ça fait chéro. On suppose que c’est l’hymne nationale du pays. Après quelques recherches sur Internet, on se rend compte qu’on était pas très loin de la vérité car certains voudraient/considèrent que la chanson est l’hymne nationale australienne. C’est donc une balade du bush très populaire datant de la fin du 19ème siècle. Passons aux choses sérieuses à présent.

En lisant les brochures touristiques de la région, un truc attire notre attention. Non seulement on peut faire du « fossicking » (chercher des minéraux précieux et semi-précieux soi-même) (ça on le savait déjà, c’est d’ailleurs pour ça qu’on est là), mais en plus, on peut faire des fouilles pour mettre à jour des dinosaures et aussi participer au nettoyage des fossiles en laboratoire! Le soleil à peine levé, nous nous rendons au musée Australian Age of Dinosaurs pour avoir plus d’infos. En fait, la participation aux fouilles paléontologiques, « dig a dino », dure une semaine et n’est organisée que deux ou trois fois par an pour la modique somme de 3500$/pers. Ça tombe bien, c’est en mai donc aucun regret à ne pas pouvoir y participer. Le nettoyage des fossiles en labo, « prep a dino », peut se faire sur une ou plusieurs journées. On peut même passer des formations et obtenir un certificat d’aptitude. On était prêt à casser notre tirelire pour faire cette activité mais bien sûr il n’y avait plus de places pour les sept jours à venir. Quelle déception…

Nous continuons notre lancée sur les pas des dinosaures pour nous rendre 110km au Sud Ouest sur le site Lark Quarry où se trouve un grand nombre d’empruntes de dinos fossilisées. Le site n’est accessible que par visite guidée et il y en a trois par jour. Nous sommes très en avance, alors on en profite pour faire une petite balade. Il y a des petites collines, bien sûr, rouges et des spinifex. A ce point de notre aventure, spinifex est un mot à retenir. Ce sont des plantes bien typiques de l’outback et on en voit partout : des boules avec des nuances vertes et dont les pointes piquent. Au loin, on voit des kangourous tout petits gambader. Le guide arrive enfin. Il nous fait un prix spécial car nous sommes Belges. Héhé, ça a des avantages de venir de ce tout petit pays. Apparemment, c’est en Belgique que les premiers fossiles de dinos ont été mis au jour. Je savais qu’à côté de chez moi, à Bernissart, on en avait trouvé beaucoup, peut-être que ce sont ceux-là. A confirmer. La visite dure une petite heure. Le guide n’est pas facile à comprendre, il parle tout bas et sans articuler. Les empruntes de dinosaures nous racontent que trois sortes de dinos sont passés par là il y a quelques millions d’années. Des dinosaures plutôt petits sont venus s’abreuver quand un grand T-rex affamé surgi. Effrayé et ne voulant pas finir au menu du gros carnivore, les petits dinos se sont échappés en courant dans tous les sens pourchassés. Plus tard, un autre dinosaure de taille moyenne est venu boire à son tour. Ces empruntes fossilisées sont très rares et sont à l’origine de la théorie selon laquelle les dinosaures auraient des origines communes avec les oiseaux car ils marchent de la même manière, une patte devant l’autre et non comme nous un pas à gauche et un pas à droite. Ah bon. N’étant pas ornithologues ni paléontologues, on gobe tout. Manu, on compte sur toi pour des explications à notre retour ! A la fin de la visite, le guide nous apprend qu’à Richmond se trouve un site plein de fossiles de dino et où il est tout à fait autorisé de faire du « fossicking ». Ça nous tente bien mais y aller va nous faire un détour pour la suite de notre périple. Tant pis.

opaltonsignalisationVers 15h, nous reprenons la route pour Opalton où, devinez quoi, on trouve des opales. Au lieu de remonter jusque Winton pour redescendre sur la petite ville minière, nous continuons la route non asphaltée sur une centaine de kilomètres. Ici, la route est complètement déserte. Pas une voiture en vue. Juste des vaches… et des vaches. On traverse des propriétés et il faut chaque fois ouvrir la barrière et la refermer pour laisser passer la voiture et ne pas que les vaches ne « disparaissent ». La terre est rouge flamboyant. Il n’y a aucune indication sur ces chemins de traverses. Soudain, sur un vieux tonneau tout rouillé on devine « Opalton » avec une flèche. Ça doit être par là…

Plus tard on suit un autre panneau « George tag along ». Un « tag along » c’est un tour où l’on suit un guide qui nous emmène et fait découvrir un site. C’est ce qu’on avait fait à Sapphire lorsque nous étions à la recherche des saphirs. C’est un peu long pour arriver chez George et surtout au milieu de nul part avec autour plein de talus de terre. George nous accueille étonné de nous voir car cela fait plus d’un mois qu’il n’organise plus de « tag along » trop occupé à la construction du camping pour mineurs. Il nous donne plein de conseils et nous donne quelques spécimens d’opales. Waw ! Nos premières opales brutes. Voilà ce qu’il va falloir chercher.

Nous passerons la nuit au camping pour mineurs d’Opalton. C’est loin d’y avoir du monde, seulement deux-trois voitures et encore ce sont quelques types qui vivent ici plusieurs mois par an. Il y a des cabanes poussiéreuses en tôle avec un vieux lit de camp. Il y a même des douches chaudes. Bon pour l’eau chaude, c’est une autre histoire car il faut chauffer via un “donkey” (une sorte de chaudière artisanale), ce qui a provoqué un joli quiproquo avec le mineur essayant de nous en expliquer le fonctionnement. Le camping est étonnamment très propre. Nous nous installons et commençons à analyser le décor. Nico est déjà très occupé à casser des pierres avec son marteau. Il y a des bout d’opales partout. Quelqu’un s’approche de nous et commence à nous parler français ! C’est ainsi que nous faisons connaissance avec Sébastien, un Français d’Annecy (enfin, un Français qui n’est pas de Lyon !). Lui aussi a choppé le virus « fossicking ». Il nous montre ses trouvailles de l’après-midi. Waaaw, il en a tout plein. Nous passons le reste de la soirée à papoter et discuter de nos expériences de voyage.

Le soleil est à peine levé que nous sommes déjà au taquet avec Seb. Autour du camping il y a des tas de gravas; pour la plupart des déchets d’une mine commerciale. C’est là-dedans que nous devons chercher. Qui dit nouveau minéral à trouver, dit nouvelle technique de recherche. Dans ce cas, on ne parle plus de « fossicking » mais de « noodling » : on scrute le sol à la recherche de quelque chose qui brille. Quand on pense avoir quelque chose d’intéressant, on le trempe dans l’eau pour le laver et enlever la poussière, les couleurs ressortent. On peut aussi prendre son marteau et casser la pierre mais sur les côtés et surtout pas en plein sur l’opale au risque de l’exploser. George nous a ainsi raconté qu’à ses débuts (il y a plus de 16 ans) il a bousillé une opale d’une valeur de 15.000 AUD… Nos bacs d’eau se remplissent assez rapidement. Ça brille partout ! Un tri commence à s’imposer… A côté de nous se trouve une petite mine privée où deux types creusent dans le sol faisant beaucoup de bruit et de poussière. Un peu plus tard, ces deux gars relativement âgés viennent à notre rencontre. L’un s’appelle Franck. En fait, ils ont une concession à l’année pour exploiter le terrain. Ils nous parlent aussi de « fairy stones », des pierres dont on a l’impression qu’elles sont incrustées de plein d’opales minuscules et multicolores. Si on les cuit au four à la bonne température, on peut faire ressortir les couleurs. Ces « fairy stones » ressemblent à des cailloux à paillettes multicolores. Ça tombe bien, on en a trouvé plusieurs. En rentrant au pays, on essaiera de les cuire, si on se souvient de la recette. On en profite pour leur demander si on peut visiter leur mine. Le rendez-vous est donné pour après la pause midi. Héhé, on va voir une vraie mine !

oplatonmineL’entrée de la mine se fait par un petit trou rond, de la taille d’un tonneau, via une échelle. Frank nous apprend que lui et son partenaire creuse à 10 mètres de profondeur. Il active un générateur pour l’électricité et la ventilation. Il fait chaud là-dessous. Sébastien est le premier à descendre. Après quelques échelons, Ali se rétracte et remonte à la surface, c’est trop étroit pour sa claustrophobie. Je descends à mon tour. Il y a deux petites galeries pas très hautes. Franck nous montre comment il procède et active les mécanismes. C’est vraiment impressionnant. Quel courage aussi. Dehors, il fait déjà bien chaud, on comprend aisément que cette activité soit bien plus populaire en hiver plutôt qu’en été. Apparemment, il y a des dizaines et des dizaines de chercheurs d’opales dans le coin à cette époque, alors qu’en été il n’y a plus personne. Neil, un autre mineur solitaire âgé, se joint à nous. Lui aussi est à la recherche de la fortune. Étrangement, les mineurs sont très contents de nous montrer leurs trouvailles et ne sont pas du tout avares de conseils.

Nous retournons à Winton dans l’après-midi. La route n’est pas bitumée non plus de ce côté. Nous apercevons la « ville » d’Opalton (on avait juste vu le camping au Sud de la ville). La ville est à l’image du camping : ce sont des baraquements construits dans le désert avec des matériaux de récup’. Il y a même une petite épicerie. Ça a vraiment des airs de ville fantôme. Dans une brochure touristique, on peut lire qu’il y a 25 habitants ici. De retour à Winton, nous retrouvons Sébastien qui nous invite à le rejoindre dans une boutique d’opales afin de faire expertiser nos cailloux. Ce n’est pas à notre grande surprise que nous apprenons que nos opales n’ont pas de valeur. Ce qui n’est pas son cas, pour un petit morceau, qu’il fera expertiser un peu plus tard.

Une Réponse

  1. […] de quitter Winton pour de bon, nous allons explorer le parc national de Bladensburg situé juste à côté de la […]

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