Togians : des ombres au paradis

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Grisés par la recherche de tout petits poissons tapis sous la surface de l’eau, nos aventuriers ne voient pas s’approcher au loin des ombres menaçantes sur les Togians.

 

La face cachée des Togians

 

Après avoir dressé un tableau plutôt idyllique du coin, et croyez moi, j’y retournerais de suite si on me le proposait! Il est temps d’enlever nos œillères et de déverser notre immonde bave gluante sur le sable blanc des Togians. Si chez Sifa nous n’avons rien eu de désagréable, il y a néanmoins quelques histoires dont nous devons parler. Dans un premier temps, vous arrivez sur des îles désertes, ou presque, dont la nature est avant tout maître à bord. Attendez-vous donc à de déplaisantes surprises si vous embarquez, par exemple, de la bouffe avec vous, notamment sur les îles les plus convoitées, car d’énormes rats tenteront par tous les moyens de s’approprier votre butin. Certains hôtels ont joué la carte des chats, mais sans grand succès. Si pour certains survivent, les autres chats se font littéralement bouffés par des bestioles aussi grosses qu’eux. De notre côté, chez Sifa, je ne sais pas si c’est l’île ou les deux chiens de l’établissement, mais nous n’avons rien vu qui se rapproche de près ou de loin à des rats même en se baladant la nuit. En parlant des chiens, Jungle et son acolyte, vont jusqu’à vous accompagner lors de vos randonnées en pleine jungle histoire d’éloigner d’hostiles créatures. Ensuite, il y a les déchets. C’est bien beau d’apporter ses paquets de chips pour l’apéro, mais le paquet en général finit à la mer. Rappelez-vous de cette tortue à Ampana, et bien c’est la conséquence directe des actions humaines dans les Togians. Nous avons vu notamment sur le ferry, l’équipage et les passagers jeter les poubelles par dessus bord en pleine mer. Résultat: la faune marine en pâtit et ce coin de paradis est en train de se transformer en poubelle. Le constat est simple: chaque matin, Ikbal commence sa journée par balayer la plage et ramasser les ordure apportées par la marée. Ensuite, avec Opa, il rassemble le tout et fait un grand feu. Mais ce n’est pas le cas de tout les hôtels… Certains ramassent les ordures sur la plage, les mettent sur un bateau, vont un peu plus loin et rejettent tout a la mer… et rebelote. Certains sont même plus filous et rejettent leurs ordures afin que le courant les emportent vers les concurrents ainsi leur plage reste propre et celle des autres se ramasse toutes leurs saletés. Si au niveau du quotidien ça ne se voit pas car la mer est grande, et que durant la journée vous avez peut-être une bouteille plastique qui vient s’échouer, c’est parce que les Togians sont difficiles d’accès et que le tourisme n’y est pas encore trop développé. Cependant, à l’heure où j’écris ces lignes un aéroport à Ampana est en cours de construction… Ce qui aurait, si les comportements ne changent pas, des conséquences désastreuses sur ce petit coin de paradis. Un conseil: repartez avec tout vos déchets et surtout gardez-les jusqu’à votre prochaine destination, une fois à Gorontalo ou Ampana.

 

Les envahisseurs débarquent

 

Voilà pour la minute écologie. Revenons à notre quotidien de sieste et de snorkelling. Si vous vous rappelez bien nous n’étions que 4 touristes chez Sifa. Cela n’as pas duré, nous avons été envahis. Il y a eu deux sortes d’envahisseurs et un Espagnol. Tout d’abord les envahisseurs conquérant, ceux qui profitent du fait qu’on soit en excursion pour squatter NOS hamacs et se croire comme chez eux, vous savez les types qui attendent que vous vous leviez pour aller à la toilette et quand vous revenez ils virent vos brols du hamac et se prélassent comme si de rien n’était. Ou ceux encore qui arrivent tout torse bombé, traitent le personnel comme de la merde, et pensent que parce qu’ils payent tout leur est permis. Et bha voilà EUX ont envahi NOTRE plage… Nous avions passé quelques jours isolés sur notre île, et avions développé une amitié tacite, en se sentant en famille, avec Opa et Om-ma, Sifa et Ikbal, et les autres employés. Nous vaquions à nos occupations jusqu’au fameux « Makan Makan » sorte de « A table » indonésien, puis nous arrivions tranquillement le repas servi et nous attendions que tout le monde soit là pour manger. Bref, nous avions nos petites habitudes. Mais quand les conquérants sont là, ils sont déjà à table avant l’appel, pour être sûr de ne rien manquer, et parfois ont presque fini de manger quand d’autres ne sont pas encore arrivés. Bref, nous n’étions plus seuls… Un couple de Hollandais Bling Bling, faisant la crêpe sur la plage et critiquant le service, trouvant que finalement ça manque un peu de confort, lunettes de soleil greffées directement sur leur tête. Ils ne sont restés qu’un seul jour et sont vite repartis. On se demande bien pourquoi venir si loin pour une nuit. Un couple d’avocats allemands imbus d’eux même, puis, un groupe de trois jeunes allemands, qui apparemment s’étaient trompés d’île pour faire la fête… Ensuite il y a l’Espagnol, alors lui, il n’était pas méchant, juste un peu timide, voyageant seul, ne parlant pas anglais, et communiquant avec son livre d’images. Un curieux personnage, qui a failli rendre fou Ikbal. Et ensuite, il y a ceux qui viennent en amis. Pour le coup, Sara, une copine de Sifa a débarqué sur l’île avec son mari Anglais (on a eu un peu de mal à capter l’humour anglais mais après un temps d’adaptation on s’y est fait), Sara est Toraja, toujours souriante et très sympa. Elle est venue avec pour mission d’apprendre à nager, et à défaut, elle a donné des cours de couture à Ali. Elle a aussi préparé des sauces aux piments à la façon Toraja, à faire blanchir un piment d’Espelette. Il y avait aussi un couple français très sympa, avec qui on a pas mal accroché. La plupart de nos compagnons étaient déjà passés par d’autres îles des Togians mais tous étaient unanimes, chez Sifa c’est le meilleur endroit! Ce que nous comprenons aisément.

 

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Le temps des adieux

 

Il est temps pour nous de partir après 12 jours chez Sifa. On est triste, comme on y était bien! mais en même temps on se dit qu’il est temps car il y a de plus en plus de monde. Nous devons prendre le bateau pour Wakai à 4h du mat’. Une fois à Wakai, il nous faut attendre jusque 16h avant de pouvoir prendre le ferry pour Gorontalo. Nous tombons sur le couple de Français qui avaient entre temps testé un autre hôtel à leur grand regret et retrouvons également Sophie et Jean-Phi. En attendant le départ du ferry nous sommes témoins d’une scène hors du commun: Miss Harbor, complètement hystérique dans un restaurant. Finalement on embarque dans le ferry, dans une cabine, qui s’avère en fait être la cabine de l’équipage, qui sous-loue leur chambre pour se faire de l’argent de poche.

 

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