Pays Toraja

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Après une nuit complète de transport, retrouvons nos aventuriers en plein Pays Toraja, dans la ville de Rantepao. Qui sait ce qui les attends dans cette région aux coutumes bien étranges…

Les morts comme culture

Nous arrivons au petit matin à Rantepao, la capitale du pays Toraja. On s’extirpe de nos super sièges confort du bus et cherchons un moyen de nous rendre à l’auberge Pia’s poppies. Comme on ne sait pas vraiment ou se trouve l’auberge par rapport au bus, un monte dans une voiture avec chauffeur, qui attend à l’arrivée du bus pour récupérer les touristes et tenter de vendre des tours. Il y a deux hommes, l’un est juste le chauffeur, tandis que l’autre est un guide qui pendant tout le trajet, heureusement fort court, va tenter de nous vendre son tour. A peine un ou deux kilomètres nous séparent de l’auberge, où Pia nous attend tout sourire à la porte.Pia's puppy A 5 heures du matin il a ouvert juste pour nous. Il nous conduit à notre chambre et nous laisse finir notre nuit tranquillement. En fin de matinée on émerge et decide de sortir en ville se balader un peu. On apprend que le guide est revenu aux alentour de 8h mais après avoir attendu 2 heures il est reparti. Nous partons au centre ville en scooter. En flânant dans les rues, nous rencontrons un guide, qui nous indique un petit village au nord où se déroule depuis ce matin une cérémonie funéraire. Il nous propose de nous accompagner soit en voiture avec chauffeur soit en transport publique (bémo) ce qui est nettement moins cher. Cette fois-ci l’offre nous plait et nous décidons d’aller voir cette cérémonie. Le guide nous demande de l’attendre 15 minutes, le temps pour lui de se changer. Avant de partir il faut passer au bureau de tabac pour acheter une cartouche de cigarettes comme offrande à la famille. Une fois les emplettes faites, nous prenons un bémo, qui nous conduit au pied du village où se tient le rite funéraire.

La cérémonie funéraire

Dans le village des bâtiments ont été érigés pour l’occasion. La famille nous invite à nous joindre à eux pour boire et manger. Heu… pour nous c’est quand même un peu dérangeant de s’inviter à l’enterrement d’une personne juste pour prendre des photos… comme au zoo… nous n’en prendrons donc que très peu… A notre arrivée trône sur des feuilles de banane une tête de cochon fraîchement découpée. La tradition veut que l’on abatte cochons et buffles pour le repas et que l’on distribue le reste de la bidoche aux convives. Et donc on apporte les animaux et les découpe au milieu de tout le monde. A savoir que l’animal le plus cher et le plus convoité par les Torajas est le buffle albinos, qui peux valoir une véritable fortune. En général, une cérémonie où est sacrifié l’un de ces buffles signifie que le mort était quelqu’un de riche et important pour la communauté. Ces cérémonies coûtent très cher aux familles car elles doivent sacrifier un grand nombre d’animaux pour faire honneur au défunt, et construire un petit village de tongkonan pour héberger les convives venant parfois de Java ou d’autres îles d’Indonésie. Certaines familles mettent des années à préparer la cérémonie et parfois jusqu’à 30 ans où le mort est installé temporairement dans une pièce de la demeure familiale en attendant… coqs de combatLes touristes sont les bienvenus. Les familles sont même plutôt contentes de les accueillir. La cérémonie dure plusieurs jours au cours desquels de nombreuses activités sont prévues: combat de buffles, chants, danses…

Nous discutons avec des membres de la famille partageant le repas et une boisson étrange à base de gingembre. Des buffles sont apportés pour le combat. Nous allons voir, mais malheureusement pour nous, l’un des buffles est une femelle et apparemment dans sa phase de chaleur et l’autre buffle n’a pas vraiment envie de combattre… Ce sera tout pour aujourd’hui, la pluie menaçante, nous nous hâtons vers le retour. L’averse est déjà sur nous, juste le temps de prendre refuge sous un grenier à riz Toraja, un tongkonan, et c’est le déluge. Nos compagnons de fortune sont des coqs de combat sous des paniers.

 

sarcophageUne fois l’averse passée, nous partons voir un cimetière troglodyte Toraja. L’endroit est très glauque. Il y a des squelettes partout, et avec le temps, les sarcophages de bois se sont désagrégés et sont tombés déversant leur contenu sur le sentier. Il faut savoir que les tombes Toraja sont directement fixées à la falaise par des poutres en bois. Parfois plusieurs corps partagent le même sarcophage souvent sculpté

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A la découverte du pays Toraja

Le lendemain est le jour des sacrifices mais nous préférons louer un scooter et partir sur les routes pour visiter la campagne environnante, direction le nord de Rantepao. Les routes sont mauvaises. Nous avons plus l’impression de faire du motocross qu’une balade en scooter. Nous assistons par hasard à la fête du riz où les jeunes garçons des villages alentours se réunissent et s’affrontent. Il nous a fallu du temps avant de comprendre ce qu’il faisaient puis une jeune Toraja nous a expliqué. Les jeunes sont par groupe de 2 se tenant par la main. Le but est de mettre KO le groupe adverse à grands coups de pied. C’est assez impressionnant comme manifestation. Selon les règles, on ne peut frapper qu’avec les pieds et seulement en étant lié par la main à un acolyte encore debout. Des jeunes de tout age participent même si les plus jeunes sont juste là pour courir et s’amuser.

Nous continuons notre route jusqu’au village de Batutumonga. Les paysages de rizières en terrasse sont vertigineuses et spectaculaires. Dommage que les rizières n’étaient déjà plus vertes mais plutôt boueuses. Après une longue balade dans la campagne Toraja, nous rentrons à l’auberge ou nous avions commandé avant de partir un plat traditionnel Toraja; le pa’piong, du poulet à la noix de coco cuit dans un bambou. Comme ce plat met plusieurs heures à cuire, il faut le commander à l’avance. Le poulet ainsi cuit est vraiment fondant, accompagné d’un assortiment de riz blanc et noir et de petits légumes. Ce plat vaut vraiment le détour.

torajathumbPour notre troisième jour en pays Toraja, nous nous rendons cette fois-ci dans le sud. Alors que nous étions en train de prendre des photos le long de la route, un scooter s’arrête et un homme vient nous parler. Il s’avère que c’est un prof d’anglais pour les enfants d’un petit village à côté de Rantepao. Il aimerait que des étrangers participent à son cours pour discuter avec les élèves en anglais bien sûr. Il nous invite donc à assister à sa leçon du lendemain. Nous acceptons avec plaisir. Après avoir convenu de l’heure avec le prof d’anglais, nous reprenons la route. Ici, les rizières sont bien vertes. Nous traversons de nombreuses plantations de cacao. Nous nous perdons et nous retrouvons sur une piste rocailleuse. Nous demandons notre route plusieurs fois. Les locaux sont contents de nous aider et en profitent pour prendre des photos avec nous grâce à leur smartphone. En chemin certains enfants en profitent pour pratiquer leur anglais à coup de « Hello Mister » et de « Fuck you ». C’est du beau…

Le dernier jour, nous retrouvons le professeur d’anglais qui nous emmène à son cours d’anglais dans une luxueuse maison. En fait, les parents sont aisés et payent à leurs enfants des cours particuliers d’anglais qu’ils font profiter aux autres enfants du village. Nous avons passé un agréable moment avec eux et sommes repartis avec un manuel pour apprendre l’indonésien! Bon les enfants avaient un peu de mal à comprendre ce que nous avions comme relation, mais vous êtes frère et sœur? non, alors vous êtes mariés depuis combien de temps, non on n’est pas marié… hum donc vous êtes juste amis? heu non plus… Bref, à la fin on a dit qu’on était marié, et on a gardé ça pour le reste du voyage, c’est plus simple pour se faire comprendre…

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